Joseph Cardijn, Georges Guérin et le réseau jociste à Vatican II

Joseph Cardijn, Georges Guérin et le réseau jociste à Vatican II1

Stefan Gigacz2

Joseph Cardijn lui-même nous a proposé une méthode pour faire l’histoire de la JOC :

« On peut la concevoir comme l’histoire de quelques dates : événements, faits saillants, privés ou publics, qui sont comme les jalons, les étapes de cette histoire. C’est l’histoire extérieure, publique, officielle.

On peut la concevoir aussi comme l’histoire de la vie journalière, croissante, active, intérieure et extérieure, avec ses influences, son esprit, ses crises et ses développements. Cela, c’est l’histoire vraie, continue, qui se déroule comme un film, qui coule sans arrêt comme un fleuve.

Cette histoire…, on devrait la placer dans un ensemble plus large, dans l’histoire de l’Église, et développer ses aspects missionnaires, apostoliques, liturgiques, doctrinaux ; présenter la JOC dans l’histoire d’une époque, avec ses implications sociales, économiques, politiques, culturelles, internationales3. »

Dans cet esprit, nous examinerons d’abord le partenariat de plusieurs décennies que Joseph Cardijn et Georges Guérin ont noué dans le développement de la JOC. Puis nous montrerons comment dans l’assemblée e des évêques réunis à Rome pour le concile Vatican II (1962-1965) se trouvaient bon nombre d’évêques et de théologiens jocistes qui jouèrent un rôle décisif lors du concile. Nous dirons quel y fut leur rôle, dont celui de Cardijn lui-même, en évoquant le soutien que Guérin lui a alors apporté. Enfin, nous indiquerons des traces de l’influence de la JOC dans les textes conciliaires.

I. Joseph Cardijn et Georges Guérin : associés dans le développement de la JOC et dans la quête de soutien de Rome

C’est par la lecture des écris de Joseph Cardijn, particulièrement le Manuel de la JOC, publié à Bruxelles en 1925, que Georges Guérin trouva son inspiration pour mettre sur pied en 1926 sa petite équipe de JOC à Clichy. Très vite, il écrivit à Cardin et l’invita à venir.

Lorsque Cardijn arrive à Paris en mars 1927 pour rencontrer Guérin, Quiclet et leur mouvement embryonnaire, c’est le début d’un partenariat de quarante ans entre les deux prêtres, qui travaillèrent ensemble pour promouvoir la JOC sur leurs terres de Belgique et de France et bien au-delà4.

Cardijn est l’aîné (il est né en 1882 et a été ordonné prêtre en 1906 ; Guérin est né en 1991 et a été ordonné en 1925). Tous deux sont d’origine ouvrière. Ils ont été l’un et l’autre marqués par le mouvement du Sillon, créé en 1894 par Marc Sangnier, qui a mis sur pied des cercles d’études pour les ouvriers. Tous deux ont décidé d’orienter leur ministère sacerdotal vers les ouvriers.

On retrouve Guérin aux côtés de Cardijn à de nombreux moments clés de l’histoire du mouvement. En septembre 1929, Guérin l’accompagne lors du premier pèlerinage (belge) de la JOC à Rome où ils sont reçus ensemble en audience privée par Pie XI.

Trois ans plus tard, ils retournent à Rome, en compagnie de Louis Liagre, co-fondateur de la JOCF dans le diocèse de Lille et futur évêque de La Rochelle, pour discuter avec le pape de la nécessité de « sauvegarder le caractère authentique de la JOC ». Percevant la nécessité de construire une base théologique solide pour la JOC, Guérin a également apprécié l’appui de Louis Liagre et de son collègue, Palémon Glorieux, un autre théologien qui avait aidé à fonder la JOCF à Lille, à devenir ses guides dans l’orientation de la JOC. À la demande de Guérin, Glorieux lance La lettre aux aumôniers, une publication qui relie la théologie naissante du laïcat à celle du Corps mystique5.

Deux ans plus tard, en 1935, se tient le premier congrès mondial de la JOC à Bruxelles événement couronné par un rassemblement de masse de près de 100 000 jeunes travailleurs au stade du Heysel. Guérin et la JOC française emboîtent le pas avec un deuxième congrès international, peut-être encore plus important, à Paris, en juillet 1937, également couronné par un rassemblement de 80 000 jeunes ouvriers au Parc des Princes.

C’est lors de ce rassemblement que Mgr Pierre Gerlier, qui, en 1927, avait aidé Guérin et Cardijn à obtenir le soutien de l’archevêque de Paris, le cardinal Louis-Ernest Dubois puis de l’Assemblée des cardinaux et archevêques, repéra Marc Sangnier dans les tribunes. « Soyez heureux ce soir, Marc », déclara-t-il au fondateur du Sillon, « parce que vous êtes l’un des grands ouvriers de la merveille que nous venons de voir6. »

En avril 1939, Guérin rejoint à nouveau Cardijn et le fondateur de la JOC suisse, Albert Maréchal, pour rencontrer le nouveau pape, Pie XII, avant le pèlerinage international à Rome prévu en septembre de cette même année, annulé à la dernière minute en raison du déclenchement de la guerre7.

À la Libération, les deux hommes reprennent rapidement leur collaboration. Étonnamment, Georges Guérin n’a pas participé à la première journée internationale d’études d’après-guerre à Bruxelles les 27 et 28 août 19458. Cependant, il rejoint de nouveau Cardijn pour rencontrer Pie XII à Rome en 1946, gagnant le ferme soutien du pontife pour le développement international du mouvement.

Dans ce contexte d’expansion internationale d’après-guerre de la JOC, force est de constater qu’une grande partie de celle-ci, notamment en Afrique et en Asie, s’est faite grâce au vaste réseau de prêtres missionnaires et de laïcs français (agents de développement de la JOC). Parmi ceux-ci se trouvaient un certain nombre d’aumôniers français de la JOC, notamment Jean Noddings, cheville ouvrière de la JOC en Afrique de l’Ouest.

D’ailleurs, bien qu’il n’aurait jamais pu en imaginer l’importance future, c’est durant cette période que Guérin prend contact avec le nouveau nonce en France, Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII. Comme il l’a noté dans son journal, Roncalli a été très impressionné par le JOC qu’il a découverte à travers la dizaine de rencontres avec Guérin et les dirigeants jocistes9. Quinze ans plus tard, en 1961, en tant que pape Jean XXIII, il évoquera la méthode jociste voir-juger-agir au § 236 de sa première encyclique, Mater et Magistra10.

Guérin est à nouveau présent à Rome en 1957 pour le pèlerinage international de la JOC à Rome, longtemps retardé. Il y prononce une allocution devant les participants français réunis. « Nous étions deux », commencé-t-il, évoquant les humbles débuts de la JOC française à Clichy. Et de continuer : « Quand les jeunes travailleurs et jeunes travailleuses de Belgique autour de l’abbé Cardijn ont commencé, se doutaient-ils que ce soir au Colisée, que demain autour du successeur de Pierre et des successeurs des apôtres qui l’entoureront, il y aurait 30 000 jeunes travailleurs, jeunes travailleuses de quatre-vingt pays, délégués d’une multitude de jeunes qu’on ne saurait dénombrer ? Prévoyaient-ils cette prise de conscience autour du Vicaire du Christ, de l’immense charité que vous portez, qui vient de plus grand que vous : tous frères, jaunes, noirs et blancs, tous un dans le Christ Jésus ? ».

Le cardinal Gerlier, qui est l’un des cent évêques qui accompagnent le pèlerinage, exprime sa reconnaissance. « Ce que j’ai vu il y a cinquante ans, ce que je vois aujourd’hui, ce que je verrai demain, c’est cela la JOC ! La petite équipe des vingt jeunes travailleurs est devenue une grande internationale », déclare-t-il aux militants jocistes français11.

C’était un bel hommage à trente ans de partenariat entre Georges Guérin et son inspirateur Joseph Cardijn. Non seulement leur action a créé un mouvement mondial de jeunes travailleurs mais il a aussi inspiré toute une famille de mouvements d’Action catholique spécialisée. On pourrait dire qu’à la fin du règne de Pie XII, la France était devenue la grande puissance de l’Action catholique spécialisée. D’ailleurs, ces évêques présents à Rome en 1957 se retrouvent bientôt au concile Vatican II qui commence le 11 octobre 1962.

II. Le réseau jociste des évêques et des théologiens de Vatican II12

Rome 1957 n’est pas la fin de la collaboration entre Guérin et Cardijn. Elle se poursuit lors du concile Vatican II. Une même collaboration va se nouer entre nombre des évêques conciliaires, conseillers et même auditeurs laïcs qui doivent leur formation à la JOC et aux autres mouvements de l’Action catholique spécialisée. Ceux-ci vont jouer un rôle décisif dans la rédaction des seize documents du concile.

La présence active de Cardijn au concile

Cardijn lui-même a eu trois rôles formels au concile, d’abord en tant que membre de la commission préparatoire pontificale sur l’apostolat des laïcs de 1960 à 1962, puis en tant qu’expert dans la commission conciliaire correspondante à partir de février 1963, et enfin, en 1965, en tant que père du concile à la quatrième session13.

Plus important encore, peut-être, a été son rôle informel, d’une part comme chef de file ou point de référence pour le « réseau jociste » des évêques conciliaires, théologiens, experts et auditeurs laïcs, et d’autre part comme auteur du livre, Laïcs en premières lignes, publié en français en juin 1963.

Bien que la contribution de Cardijn au concile ait souvent été sous-évaluée par les historiens, le pape Paul VI était très conscient de son importance. S’adressant aux évêques francophones le 22 novembre 1965, quatre jours seulement après la promulgation du décret sur l’apostolat des laïcs, Apostolicam Actuositatem, il déclarait : « Oui, la bonne graine semée il y a un demi-siècle par quelques généreux pionniers et notamment par un jeune prêtre belge, un cent vraiment donné pour un14 ! » Si évidente était la contribution de Cardijn que le pape n’avait pas besoin de mentionner explicitement son nom.

Les évêques jocistes

Comme d’habitude, Cardijn, a préféré mettre en avant le rôle de ses collègues jocistes. S’adressant aux dirigeants de la JOC internationale, Rienzie Rupasinghe (Sri Lanka) et Joseph Weber (France) onze jours avant sa mort le 24 juillet 1967, il leur dit : « La JOC a beaucoup apporté à ce concile, non pas moi, mais tous les évêques, les cardinaux, les Helder [Camara] et beaucoup d’autres, ont pris en compte la vision missionnaire développée et incarnée par la JOC15. » Il faisait référence aux 225 évêques issus de l’Action catholique spécialisée dont au moins cent avaient été aumôniers JOC, dont vingt aumôniers nationaux16.

De la patrie belge de Cardijn, on peut citer Émile-Joseph De Smedt, qui a travaillé en étroite collaboration avec le VKAJ (JOCF) dont la sœur était une propagandiste à temps plein, Charles-Marie Himmer, promoteur des mouvements d’Action catholique spécialisée des années 1930 et André-Marie Charue qui avait contribué à promouvoir la JOC à partir de 1924.

En Pologne, le vénéré cardinal Stefan Wyszynski avait été l’un des premiers (sinon le premier) à introduire la JOC dans son diocèse natal de Wloclawek17, tandis que l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, le futur pape Jean-Paul II, s’était rendu en Belgique et en France à la fin des années 1940 pour rencontrer Cardijn et apprendre les méthodes de la JOC18. En Allemagne, le cardinal Josef Frings de Cologne était un grand partisan du développement de la JOC allemande (CAJ) après la guerre.

Le cardinal Manuel Gonçalves Cerejeira, de Lisbonne, avait soutenu le développement de la JOC, participant même au premier congrès international à Bruxelles en 1935. De même, le cardinal Bernard Alfrink d’Amsterdam avait rejoint le pèlerinage international de la JOC à Rome en 1957.

D’Amérique latine, les évêques jocistes comprenaient le co-fondateur chilien du CELAM19, Manuel Larrain et Helder Camara du Brésil ainsi que Leonidas Proaño d’Équateur, Ramon Bogarin du Paraguay et l’Argentin Enrique Angelelli, qui sera assassiné en 1976. D’Amérique du Nord, on retrouvait le Canadien Maurice Roy, qui deviendra le premier président du Conseil pontifical des laïcs et du Conseil pontifical Justice et Paix, ainsi que le Panaméen Marcos McGrath, qui présida la Commission conciliaire Signes des temps et qui rédigea la partie introductive de Gaudium et Spes sur « la condition humaine dans le monde d’aujourd’hui ».

D’Afrique, il y avait l’archevêque sud-africain anti-apartheid, Denis Hurley, le futur cardinal Joseph Malula de la RD du Congo, le futur cardinal Paul Zoungrana de la Haute-Volta aujourd’hui Burkina Faso, et Bernardin Gantin, du Dahomey maintenant Bénin, futur président du Conseil pontifical Justice et Paix ainsi que de Cor Unum.

En Asie, ces évêques comprenaient l’archevêque indien Eugene D’Souza et l’archevêque ceylanais (sri-lankais) Thomas Cooray, omi, qui a été élevé au cardinalat le même jour que Cardijn le 22 février 1965. Les évêques du Pacifique comprenaient l’archevêque coadjuteur de Melbourne, Justin Simonds, et le futur cardinal Reg Delargey, un éminent disciple de Cardijn en Nouvelle-Zélande.

Les évêques jocistes français

La France occupe une place particulière avec plus de 80 évêques (sur 140), qui avaient eu une expérience directe de la JOC et/ou d’un autre de ses mouvements frères.

Après avoir lancé la JOC à Clichy avec Georges Quiclet en 1926-1927, Guérin trouva rapidement un soutien au nouveau mouvement chez de nombreux autres prêtres français. Quelques-uns d’entre eux devenus évêques participent à Vatican II. C’est le cas, par exemple, de Georges Béjot.

Le premier d’entre eux est le cardinal Pierre Gerlier, archevêque de Lyon, qui avait reconnu le potentiel de la JOC de Clichy, encourageant ses jeunes dirigeants avec les mots : « Mes petits, vous commencez une très grande chose20. »

Dans le Nord, le cardinal Achille Liénart, qui avait connu le Sillon comme séminariste à Paris, avait choisi, alors qu’il était curé à Tourcoing, d’être aumônier d’un des premières sections jocistes. Évêque de Lille, il fut peut-être le premier au monde à adopter un politique de promotion des mouvements de l’Action catholique spécialisée. Palémon Glorieux l’assistait au concile en tant que conseiller personnel. Quant à Louis Liagre, évêque de La Rochelle, il avait été à l’origine de la JOCF à Lille puis aumônier diocésain de la JOC et aumônier national de la JOCF.

Émile Guerry, archevêque de Cambrai, avait fondé non seulement la JOC mais aussi la Jeunesse agricole catholique (JAC) dans le diocèse de Grenoble dont il est originaire. En 1950, il joua également un rôle clé dans la création le développement de l’Action catholique ouvrière (ACO).

Alfred Ancel, prêtre du Prado, évêque auxiliaire de Lyon et « évêque ouvrier », a contribué au lancement de la JOC dans ce diocèse tandis que l’archevêque de Toulouse et futur cardinal, Gabriel Garrone avait enseigné les méthodes de l’Action catholique spécialisée au séminaire de Chambéry. On peut citer aussi l’archevêque de Paris, le cardinal Maurice Feltin, un pilier de la JOC depuis les années 1930.

Parmi les autres évêques jocistes français éminents figuraient Arthur Elchinger de Strasbourg, Gabriel Matagrin et Marius Maziers, tous deux alors auxiliaires de Lyon, Guy Riobé, l’évêque jaciste d’Orléans et René Stourm de Sens-Auxerre, qui deviendra membre de la commission d’apostolat des laïcs au Concile.

C’est peut-être Ancel qui a le mieux exprimé ce qu’il – et, avec lui, beaucoup d’autres de ces évêques français – devaient à Georges Guérin : « Il m’est impossible d’exprimer par écrit ce que je dois au père Guérin. Jamais je n’ai oublié notre première rencontre, en 1928, je pense, quand il est venu à Lyon pour la première fois (c’était en mai) parler de la JOC ; nous étions quelques prêtres avec lui ; j’étais loin de comprendre mais, à travers ce prêtre si simple, qui nous communiquait son immense espérance, j’avais compris que Dieu suscitait quelque chose de grand dans son Église. Je crois pouvoir dire que, depuis, je suis toujours resté en pleine harmonie avec la pensée et les préoccupations du père Guérin21. »

Les théologiens jocistes

De nombreux théologiens et experts de Vatican II avaient également des liens étroits avec la JOC et ses mouvements frères. Venus de Belgique, il s’agissait notamment des professeurs de Louvain, Albert Dondeyne, théologien et philosophe, qui fut longtemps proche de Cardijn ; Gustave Thils, dont la théologie des réalités terrestres eut un fort impact à Vatican II, et bien sûr Gérard Philips, architecte de Lumen Gentium, qui travaillait avec Cardijn depuis le début des années 1930. Peut-être le plus proche de Cardijn était François Houtart, un sociologue de Louvain, qui avait beaucoup travaillé avec la JOC en Belgique et en Amérique latine, et qui a t écrit la première ébauche de l’introduction de Gaudium et Spes.

Il est important de noter ici que les dominicains français lorsqu’ils résidaient au Saulchoir, près de Tournai en Belgique, ont été parmi les premiers à être en lien avec Cardijn22. Marie-Dominique Chenu, évoque les contacts qu’il eut alors avec l’équipe responsable de la JOC de Lille23. Bien qu’il n’ait jamais occupé de rôle formel à Vatican II, Chenu a été l’inspirateur du « Message au monde » au début du concile.

Chenu et son confrère et ami, Yves Congar, avaient également donné des retraites pour les premiers dirigeants et aumôniers de la JOC en Belgique et en France. Tous deux ont contribué à la théologie de la JOC et, plus généralement, des laïcs. Ainsi, à Vatican II, ce sont Congar et un autre dominicain, Henri-Marie Féret, qui assistent Cardijn dans la rédaction de ses cinq interventions conciliaires.

Un autre dominicain français, Louis-Joseph Lebret, a lancé un mouvement d’Action catholique spécialisée pour les jeunes marins, la Jeunesse maritime chrétienne. Pendant Vatican II, il joue également un rôle important dans la commission chargée de la rédaction de Gaudium et Spes.

D’autres prêtres français de formation jociste ont joué un rôle clé au concile. Jeune prêtre, Jean Rodhain est aumônier de la fédération de la JOCF dans le sud de Paris et il participe à l’organisation du célèbre rassemblement au Parc des Princes à Paris en 1937. Après la guerre, il est nommé premier secrétaire-général du Secours catholique, ce qui a conduit à sa nomination à la Commission conciliaire sur l’apostolat des laïcs.

Sont également nommés à la même commission Henri Caffarel, ancien aumônier national de la JOC, fondateur des Équipes Notre-Dame ; Jacques Bonnet, aumônier régional de la JOC et plus tard premier aumônier national de l’ACO.

Enfin, il faut citer Pierre Haubtmann, originaire de Saint-Étienne, aumônier local de la JOCF, plus tard membre de l’équipe nationale d’aumônerie de l’ACO de 1954’à la veille de l’ouverture de Vatican II. Haubtmann, qui a vécu plusieurs années avec Georges Guérin à la résidence des aumôniers jocistes, rue Jean-de-Beauvais à Paris, a d’abord été le porte-parole des évêques français conciliaires auprès de la presse24. En 1963, il est nommé comme expert à la commission mixte travaillant sur le Schéma XIII, la future Constitution pastorale sur l’Église dans le monde d’aujourd’hui. Et, un an plus tard, il est nommé à la tête du comité de rédaction chargé de la version finale de Gaudium et Spes.

Un réseau jociste mondial

Sur les quelque 2 500 évêques qui ont assisté à Vatican II, plus de 225, soit environ 9 % d’entre eux, ont eu une expérience directe avec la JOC et ses mouvements frères, soit comme aumôniers, soit comme promoteurs du mouvement dans les séminaires, collèges ou dans leurs diocèses.

Ces évêques qui avaient des années d’expérience dans la formation de jeunes leaders ouvriers et étudiants, connaissaient bien les méthodes utilisées par les jocistes pour exercer une influence au sein de leur milieu. De plus, beaucoup se connaissaient déjà à travers les différentes rencontres internationales et sessions de formation que la JOC et ses mouvements frères avaient organisées au cours des trois décennies précédentes.

Ces facteurs aident à expliquer comment tant de ces évêques jocistes en sont venus à occuper des postes clés dans les différentes commissions de Vatican II, en particulier dans la commission sur l’apostolat des laïcs, dans la commission théologique et dans la commission mixte chargée du Schéma XIII, le futur Gaudium et Spes.

Le groupe « Jésus-Christ et les pauvres »

Un groupe informel d’évêques et de prêtres connu sous le nom de groupe « Jésus-Christ et l’Église des pauvres » initié par l’allié belge de Cardijn, Charles-Marie Himmer, joua un rôle prophétique durant le concile. Il tirait son nom du livre Jésus, l’Église et les pauvres de Paul Gauthier. Son premier responsable fut le cardinal Gerlier25. Il est frappant de constater que onze des quinze membres du comité d’animation de ce groupe étaient des évêques et théologiens jocistes, et au moins 28 des 85 évêques qui ont participé à ses réunions étaient des évêques jocistes et neuf des vingt-sept théologiens. Les membres de ce groupe ont exercé une influence générale sur l’orientation des documents conciliaire

III La première session du concile (octobre-décembre 1962)

La première session de Vatican II s’ouvrit le 12 octobre 1962 et les évêques et théologiens jocistes firent rapidement sentir leur présence26.

Le cardinal Liénart fit une intervention décisive le premier jour de séance, demandant de laisser le temps aux évêques de mieux se connaître avant d’élire les membres des différentes commissions. Ce fut le moment décisif qui permit aux évêques d’arracher le contrôle de l’ordre du jour du concile à la curie romaine conservatrice. Ce retard du vote a également facilité l’élection de nombreux évêques jocistes aux différentes commissions conciliaires.

Une semaine plus tard, le 20 octobre, le concile adoptait son premier texte, un « Message au monde » (Nuntius ad omnes homines et nationes) proposé d’abord par l’ami dominicain de Cardijn, Marie-Dominique Chenu. Dans une lettre du 4 septembre 1962 au théologien jésuite Karl Rahner Chenu avait proposé une « ample déclaration… dans le style de l’Évangile » et « dans les perspectives prophétiques de l’Ancien et du Nouveau Testament »27.

Le texte final du Message, qui a également contribué à donner l’orientation du concile, a été rédigé par Liénart avec trois autres évêques jocistes, Gabriel Garrone, Émile Guerry et Alfred Ancel. Encouragés par tous ces développements, d’autres évêques jocistes ont fait une série d’interventions notables au cours des semaines suivantes.

Réagissant lors du débat sur l’Apocalypse, Émile De Smedt avertit que « si les schémas préparés par la commission préparatoire théologique ne sont pas rédigés d’une manière différente, nous serons responsables d’avoir écrasé, par le concile Vatican II, une grande et immense espérance28 ». Quelques semaines plus tard, De Smedt revient sur le devant de la scène en reprochant au schéma sur l’Église de présenter son sujet comme un « enchaînement de triomphes » de l’Église militante. C’était totalement déconnecté de la réalité de l’Église en tant que « petit troupeau » de Jésus-Christ, dit-il, critiquant le « hiérarchisme », « l’épiscopolatrie » et la « papolâtrie » du projet de document.

Plus positivement, Léon-Arthur Elchinger appela à une ecclésiologie inspirée du « souci pastoral » fondée sur l’Église « comme communion » plutôt que comme « une institution ». « Dans le passé, la théologie affirmait la valeur de la hiérarchie », notait Elchinger, « maintenant, elle découvre le Peuple de Dieu. » De plus, là où « dans le passé, la théologie de l’Église considérait avant tout sa vie intérieure ; maintenant, il voit l’Église tournée vers le monde », a-t-il ajouté29.

Liénart avait exprimé des pensées similaires dans un document préparatoire intitulé « Un plan pour les travaux du concile », dans lequel il appelait l’Église, c’est-à-dire le concile, à faire un « double effort » pour s’examiner « elle-même » et « dans le monde présent »30. Cette ligne était soutenue par d’autres pères du concile, notamment l’archevêque de Cardijn, Léon-Joseph Suenens, et Giovanni Battista Montini, alors archevêque de Milan, futur Paul VI.

Bien qu’il n’ait pas encore été nommé à la commission conciliaire d’apostolat des laïcs, Cardijn s’est néanmoins rendu à Rome du 18 au 22 novembre, où il a rencontré nombre de ses plus proches collègues, dont Larrain et les Brésiliens Helder Camara et José-Vincente Tavora.

Dans une lettre à son diocèse natal d’Olinda, Camara a enregistré la réaction de Cardijn aux événements du concile :

« Mgr Cardijn vient de partir. Il pleurait de joie à tout ce que Dom Larrain, Dom Tavora et moi lui racontions. Si Dieu le veut, nous réussirons à le faire nommer expert sur les questions d’apostolat des laïcs (et qui le surpasse dans ce domaine ?).

Demain il viendra fêter ses 80 ans avec nous. Quelle vie pleinement et bien vécue dans la lumière de la grâce31 ! »

Au cours des trois années suivantes ces évêques et théologiens, dont tant de disciples de Georges Guérin, seront parmi les architectes de tous les grands documents de Vatican II.

IV Le livre de Cardijn. L’appui de Guérin (1963)

Rien de tout cela, cependant, ne doit donner l’impression que ce succès fut atteint facilement. Cardijn lui-même dut faire face à une série d’obstacles au concile, à commencer dans la commission préparatoire sur l’apostolat des laïcs, qui malgré le nombre d’évêques et de prêtres jocistes est restée dominée par des prélats italiens avec peu de compréhension et aucune expérience des mouvements d’Action catholique spécialisée. Ici aussi, la collaboration avec les évêques français, en particulier avec l’archevêque Garrone, s’est avérée cruciale32.

Cardijn a été confronté à une opposition, y compris de la part de son propre nouvel évêque, le cardinal Léon-Joseph Suenens. Si bien qu’à l’ouverture du concile, il n’a pas été nommé expert à la commission conciliaire sur l’apostolat des laïcs. Ce n’est qu’après l’intervention de Camara qu’il est finalement nommé en février 196333.

Entre-temps, il a achevé son livre Laïcs en premières lignes publié début 1963 aux Éditions universitaires en France et aux Éditions ouvrières en Belgique. Alors qu’il était à Rome pendant la première session, Cardijn avait remis une copie du manuscrit à Suenens, qui n’avait fait aucun commentaire écrit sur le livre et ’n’avait pas non plus laissé entendre qu’il posait problème. Aussi, lorsque le livre fut prêt à être imprimé, Cardijn fut étonné d’apprendre que l’imprimatur avait été retardé par les autorités de l’archidiocèse34. Suenens souhaitait que Cardijn attenue sa conception de l’apostolat des laïcs et du rôle de l’Action catholique spécialisée. Depuis longtemps, en effet, Suenens avait combattu pour une acception beaucoup plus large de l’Action catholique comprenant des groupes comme la Légion de Marie et d’autres groupes plus axés sur la prière. Cela provoqua une crise personnelle majeure pour Cardijn qui était soucieux d’obéir à son évêque. Le conflit fut résolu après une rencontre personnelle avec Suenens au cours de laquelle Cardijn réussit à le convaincre d’accepter la publication au prix de modifications mineures du texte. Cela a finalement ouvert la voie à la parution du livre le 20 mai 1963 et à sa mise en vente en juin, à temps pour la deuxième session du concile. Néanmoins, bien que Cardijn ait refusé de critiquer son supérieur, la rumeur avait commencé à courir concernant les problèmes que Suenens avait créés. Une réaction de la part des évêques « jocistes » se prépara.

Georges Guérin, qui avait eu connaissance de ces problèmes, s’inquiétait de plus en plus du retard de la publication. Le 6 mai 1963, il écrivit à la secrétaire de Cardijn, Marguerite Fiévez, pour exprimer sa préoccupation. En réponse, Fiévez l’informa de manière confidentielle des « difficilespalabres » avec l’archidiocèse35. Guérin, qui était au courant des attaques de Suenens contre l’Action catholique spécialisée, réagit rapidement en prenant contact avec plusieurs évêques (amis) français36.

« Ici je pense souvent à cette date si importante de la deuxième session », répondit-il à Fiévez, soulignant l’importance d’assurer la publication rapide du livre de Cardijn37. « Ce livre fera choc », écrivait-il. Fiévez a immédiatement cherché à le rassurer concernant les changements. « Pour ceux qui liront l’ouvrage, elles ne sont guère perceptibles », écrivit-elle. « À l’occasion, lorsqu’il (Cardijn) vous rencontrera, il vous dira lui-même de vive voix de quoi il s’agit. Mais il vaut mieux ne pas attirer là-dessus l’attention de nos amis ou de vos interlocuteurs ; sinon, cela risque de faire plus de mal que de bien38. »

Guérin fut soulagé d’apprendre que le livre n’avait pas été sensiblement modifié. Cependant, les difficultés de Cardijn l’incitèrent à lancer une campagne personnelle pour que le livre parvienne aux mains du plus grand nombre d’évêques français et surtout aux évêques les plus proches de la JOC. Au cours des semaines et des mois suivants, Guérin écrivit plus d’une douzaine de fois à Fiévez, demandant des exemplaires supplémentaires à envoyer à ces évêques et à des théologiens. Au moment de l’ouverture de la deuxième session, le 29 septembre 1963, Guérin s’était assuré que le livre de Cardijn était entre les mains de nombreux évêques et théologiens français influents, dont Haubtmann, le futur rédacteur en chef du Schéma XIII. Ce n’est donc pas par hasard qu’au début de la deuxième session, nous trouvons les évêques français, dirigés par Garrone, se déplaçant rapidement pour retirer le contrôle du schéma XIII à

Suenens qui avait tenté de créer son propre comité pour superviser la rédaction.

V La marque de la JOC dans les grands textes conciliaires

Gaudium et Spes – L’Église dans le monde de ce temps

Le résultat a été qu’au cours de la troisième session du concile, la commission a réorganisé ses travaux sur la base du voir-juger-agir. « À propos de chaque question, on part des faits, on les juge; et on dégage quelques orientations pastorales » comme l’écrivait en août 1965 le nouveau rédacteur en chef, Pierre Haubtmann39.

Une sous-commission théologique fut nommée pour clarifier les questions doctrinales relatives à la signification théologique du « monde », et une autre sous-commission « Signes des temps » pour étudier les « réalités mondiales ».

Lors d’une réunion tenue les 17, 19 et 20 novembre 1964, il fut décidé que la rédaction des actes définitifs suivrait une démarche qui rappelait le voir-juger-agir de la JOC :

« Partir des faits ;

Porter un jugement chrétien, à la lumière de l’Évangile et de la tradition catholique, depuis les Pères de l’Église jusqu’aux documents contemporains du magistère ;

Indiquer des orientations concrètes d’action (aspect pastoral) 40 ».

Un nouveau comité de rédaction fut nommé lors de la même réunion, désormais dirigé par Pierre Haubtmann, l’ancien aumônier français de JOC et d’ACO. Au cours des deux mois suivants, Haubtmann, révisa complètement le projet de schéma selon une organisation dialectique idéel-réel qui correspondait à la célèbre dialectique des trois vérités de Cardijn41. Le texte définitif de Gaudium et Spes a la même structure.

Exposé préliminaire : La condition humaine. Vérité de réalité dans le monde d’aujourd’hui (réel)

Ière partie : L’Église et la vocation humaine. Vérité de foi (idéal)

IIème partie : De quelques problèmes plus urgents. Vérité de méthode (synthèse)42.

Chacun de cinq chapitres de cette deuxième partie est organisé selon la démarche du voir-juger-agir sur :

– Dignité du mariage et de la famille ;

– L’essor de la culture ;

– La vie économico-sociale ;

– La vie de la communauté politique ;

– La sauvegarde de la paix et la construction d’une communauté des nations.

Ainsi le chapitre 2 sur « L’essor de la culture » s’illustre d’une façon particulièrement claire par sa structure axée sur le voir-juger-agir :

– Section 1 : Situation de la culture dans le monde actuel ;

– Section 2 : Quelques principes relatifs à la promotion culturelle ;

– Section 3 : Certains devoirs plus urgents des chrétiens par rapport à la culture.

Le résultat était que, bien que Cardijn lui-même n’ait jamais été personnellement membre de la commission mixte chargée de Gaudium et Spes, ses idées et sa méthode sont néanmoins passées dans le document.

Lumen Gentium – L’Église

Les efforts du réseau jociste aussi ont porté des fruits dans de nombreux autres documents de Vatican II, notamment Lumen Gentium, particulièrement le chapitre IV sur « les laïcs ». De fait, le §31 exprimait une grande partie de la vision de Cardijn et de ses alliés de l’apostolat des laïcs et a finalement reconnu la vocation « propre » des laïcs dans la vie et dans le monde en des termes très proches de la sienne :

« La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du siècle, c’est-à-dire engagés dans tous les divers devoirs et travaux du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée. À cette place, ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment43. »

Apostolicam Actuositatem –Décret sur l’apostolat des laïcs –, a également souligné la même idée, insistant dès le premier paragraphe sur le « rôle propre et indispensable » des laïcs. Le §29 valorise à nouveau la méthode de formation voir-juger-agir :

« Parce que la formation à l’apostolat ne peut consister dans la seule instruction théorique, il faut apprendre graduellement et prudemment dès le début de cette formation, à voir toutes choses, à juger, à agir à la lumière de la foi, à se former et à se perfectionner soi-même avec les autres par l’action.

Puisque la formation pour l’apostolat ne peut consister en un simple enseignement théorique, dès le début de leur formation, les laïcs doivent apprendre progressivement et prudemment à voir, juger et faire toutes les choses à la lumière de la foi ainsi que de se développer et de se perfectionner avec les autres par l’action, entrant ainsi au service actif de l’Église… Cette formation est sans cesse à perfectionner à cause du développement progressif de la personne humaine et de l’évolution même des problèmes44. »

VI L’engagement pour une Église des pauvres

Préfigurant l’option de l’Église pour les pauvres, au cours des derniers jours de la quatrième session du concile, quarante évêques proches du groupe « Jésus-Christ et l’Église des pauvres » (dont il a été question plus haut) ont célébré la messe aux Catacombes de Domitilla le 16 novembre 1965, et ont signé le Pacte des catacombes, s’engageant à adopter un style de vie évangélique à la fois personnelle et pour leurs diocèses.45 Proposé par Helder Camara, ce pacte s’inspire directement du vœu de Cardijn de consacrer sa vie à la classe ouvrière. Au début, Camara voulait que Cardijn rédige lui-même « un serment… dans la ligne du serment que Vous avez fait, lors de la mort de Votre Père »46.

Le lendemain soir, le 17 novembre 1965, un autre groupe d’évêques jocistes célébra une messe à la paroisse romaine du cardinal Cardijn, Saint-Michel Archange, à Pietralata, dans la banlieue ouvrière de Rome, appelant l’Église à s’engager davantage dans l’apostolat des laïcs47.

Conclusion

Dans son œuvre, comme l’a écrit Pierre Pierrard, « Georges Guérin fut plus que “l’élève authentique de Cardijn” (Georges Béjot), “le premier disciple de Cardijn” (Jacques Bonnet) : son fils, au sens spirituel mais plénier du terme48. »

Pour conclure, donc, peut-être pouvons-nous résumer le rôle et l’impact de Joseph Cardijn et de George Guérin sur Vatican II comme les formateurs d’un réseau conciliaire d’évêques et de théologiens formés à une vision de l’apostolat des laïcs et à une méthode de transformation personnelle et sociale qui ont été consacrés par le concile.

Comme le remarquait Paul VI dans un discours du 22 novembre 1965, « pour la première fois dans l’histoire de l’Église [le concile] vient de consacrer aux laïcs et à leur apostolat un de ses décrets »49, une réussite qui devait beaucoup aux quarante ans de collaboration entre ces deux prêtres.

1 Un très grand merci à Bruno Duriez pour tout son travail de correction de mon français et d’édition du texte.

2 Chercheur, Australian Cardijn Institute, associé post-doctoral, University of Divinity, Melbourne, Australie. Stefan Gigacz a soutenu en 2018 une thèse de philosophie sous le titre The Leaven in the Council : Joseph Cardijn and the Jocist Network at Vatican II, University of Divinity, Melbourne.

3 Joseph Cardijn, Pour écrire l’histoire de la JOC, 1964 (in Lucie Bragard et al., La Jeunesse Ouvrière Chrétienne Wallonie – Bruxelles 1912-1957, Bruxelles, Vie ouvrière, 1990, 2 tomes, tome 1, p. 19-20) Join Conference on Digital Library (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/1602

4 Georges Guérin, À Clichy la rouge, 1962, JCDL

5 Pierre Pierrard, Georges Guérin. Une vie pour la JOC, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 1997, p. 178-179.

6Stefan Gigacz, Marc Sangnier – 70 years (Cardijn Research): http://www.cardijnresearch.org/2020/05/marc-sangnier-70-years.html

7 Joseph Cardijn, « Le Pape nous attend, » Notes de Pastorale Jociste, juin 1939, T. VIII.5 p. 94 (JCDL). https://www.josephcardijn.com/fr/item/1677

8 Compte-rendu des Journées d’Etudes Internationales des 27 et 28 août 1945 à Bruxelles, Bulletin documentaire n° 1, octobre 1945 (Archives JOC internationale).

9 Angelo Roncalli, Journal de France, vol. I, Paris Le Cerf, 2006, p. 51.

10 « Ce sont ces trois moments que l’on a l’habitude d’exprimer par les mots : voir, juger, agir. Il est plus que jamais opportun que les jeunes soient invités souvent à repenser ces trois moments, et, dans la mesure du possible, à les traduire en actes ; de cette façon, les connaissances apprises et assimilées ne restent pas en eux à l’état d’idées abstraites, mais les rendent capables de traduire dans la pratique les principes et les directives sociales. »

11 Archives JOC internationale, 2.1, 1957, World Assembly.

12 Par facilité de langage, on parle d’évêques ou de théologiens jocistes au sujet de personnalités qui ont joué un rôle actif dans la JOC comme aumôniers ou qui ont activement soutenu la JOC et l’Action catholique spécialisée dans leurs diocèses.

13 Joseph Cardijn a été créé cardinal par Paul VI le 22 février 1965. Il avait été consacré évêque la veille.

14 Paul VI, Discours aux évêques de France, Turquie, Belgique, Luxembourg, 22 novembre 1965 (Archives diocésaines de Lille, fonds Liénart) (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/1798

15 Joseph Cardijn, Un dernier message, Témoignage de Joseph Weber, 13 janvier 1967 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2615

16 Stefan Gigacz, Towards a Global Jocist Network, The Leaven in the Council, 2021 : https://theleaven.com.au/4-towards-a-global-jocist-network/

17 Stefan Gigacz, Cardinal Stefan Wyszynski – A founding JOC chaplain (Cardijn Research) : https://www.cardijnresearch.org/2021/05/cardinal-stefan-wyszynski-joc-chaplain.html

18 Stefan Gigacz, Universal brotherhood and solidarity : Cardijn and John Paul II (Cardijn Research) : https://www.cardijnresearch.org/2020/05/universal-brotherhood-and-solidarity.html

19 Le Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) fut fondé en 1955.

20 Pierre Gerlier, Son Éminence le Cardinal Gerlier parle aux jocistes, 24 août 1957 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2666

21 Pierre Pierrard, op. cit., p. 162.

22 Expulsés de France, les dominicains y avaient établi leur couvent d’études en 1904. Ils y restèrent jusqu’en 1939.

23 Marie-Dominique Chenu, « Témoignage : La ferveur des renouveaux », Mélanges de Science Religieuse, XXXVIIe année, n° 3, septembre 1980.

24 Pierre Pierrard, op. cit., p. 251.

25 Pierre Sauvage. « Le rôle des évêques latino-américains dans le groupe “Jésus, l’Église et les pauvres” durant le Concile Vatican II », Revue théologique de Louvain, 44ᵉ année, fasc. 4, 2013.

26Stefan Gigacz, chapter 7, The Council opens without Cardijn, The Leaven in the Council : https://theleaven.com.au/7-the-council-opens-without-cardijn/

27 Cité par André Duval, Le message au monde (Étienne Fouilloux, « The Ante-Preparatory Phase », in Giuseppe Alberigo and Joseph Komonchak (ed.), History of Vatican II, Orbis – Peeters, Maryknoll-Leuven, 1995, vol.I, p. 110).

28 Ibid., p. 50.

29 Antoine Wenger, Chronique de la première session, Paris, Centurion, 1963, vol. I, p. 153.

30 Achille Liénart, Un plan pour les travaux du Concile (Archives diocésaines de Lille, fonds Liénart), p. 44.

31Helder Camara, Lettres conciliaires, Paris, Cerf, 2007, vol. I, 130-131.

32Stefan Gigacz, Church, world and lay apostolate, The Leaven in the Council : https://theleaven.com.au/6-church-world-lay-apostolate/

33Stefan Gigacz, chapitre 7 : The Council opens without Cardijn, The Leaven in the Council, 2021 : http://theleaven.com.au/7-the-council-opens-without-cardijn/

34Stefan Gigacz, chapitre 8 : Suenens vs Cardijn, The Leaven in the Council, 2021 : https://theleaven.com.au/8-suenens-vs-cardijn/

35 Fiévez à Guérin, 06 mai 1963, AC1782 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2474

36 Guérin à Fiévez, 10 mai 1963, AC1782 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2486

37 Ibid.

38 Fiévez à Guérin, 22 mai 1963 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2480

39Pierre Haubtmann, « Le Schéma de la Constitution Pastorale De Ecclesia in mundo huius temporis », Études et documents, n° 10, 25 août 1965.

40 Compte rendu de la commission de rédaction du Schéma XIII (Gaudium et Spes), 17-19-20 novembre 1963 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2285

41 Joseph Cardijn, Les trois vérités, Compte-Rendu de la semaine d’études internationales de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, 25-29 août 1935, pp. 71-78 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/1163

42 Il faut noter que cette répartition reflète un compromis car il y avait un certain nombre d’évêques qui n’acceptaient pas que le concile puisse se prononcer sur la situation du monde.

43 Lumen Gentium, § 31.

44 Lumen Gentium, § 29.

45 Le Pacte des Catacombes, 16 novembre 2021 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2664

46 Helder Camara à Cardijn, 17 septembre1965 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/1860

Voir aussi : Stefan Gigacz, Cardijn, Camara and the Pact of the Catacombs (Cardijn Research) : https://www.cardijnresearch.org/2019/10/cardijn-and-pact-of-catacombs.html

Stefan Gigacz, The Jocist bishops who signed the Pact of the Catacombs (Cardijn Research) :

https://www.cardijnresearch.org/2019/10/the-jocist-bishops-who-signed-pact-of.html

47 Le message de Pietralata, 17 novembre 1965 (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/2661

48 Pierre Pierrard, op. cit., p. 9.

49 Paul VI, Discours aux évêques de France, Turquie, Belgique, Luxembourg, 22 novembre 1965 (Archives Liénart, diocèse de Lille) (JCDL) : https://www.josephcardijn.com/fr/item/1798